Pourquoi avoir choisi la série d'optiques ARRI Signature Prime ?  

Je voulais utiliser le pack le plus récent possible d'ARRI : ALEXA Mini LF et Signature Prime. J'ai beaucoup aimé ces optiques. Elles sont très transparentes au niveau couleur et lumière, comme les Summilux que j'ai beaucoup utilisées auparavant. Et le flou des ARRI Signature Prime est très précis. Même avec peu de profondeur de champ, les arrière-plans restent très lisibles. Sur « Albatros », cela m'a permis de casser la profondeur de champ sur des plans larges, pour rester concentré sur les personnages tout en gardant les paysages présents, bien que flous. 

Comment avez-vous éclairé « Albatros » ?  

La difficulté sur ce film, c'est que nous avons tourné d'octobre à janvier. Je ne pouvais compter que sur 4 ou 5h de lumière du jour. Je me suis donc organisé en conséquence. Pour les intérieurs jour, j'ai principalement utilisé des ARRI SkyPanel, que je plaçais systématiquement à l'extérieur des décors. Ainsi, je pouvais faire varier rapidement la puissance et la couleur de la lumière au cours de la journée. En extérieur, j'ai très peu éclairé. D'abord parce que Xavier Beauvois aime tourner dans les ambiances naturelles et les intègre souvent dans sa mise en scène.  Ensuite, parce que la proximité de tous les décors nous offrait des Cover Sets efficaces.   

Pour les scènes sur le voilier de 9 m, que nous avons tournées en pleine mer, il était hors de question d'éclairer. Mais le capteur de l'ALEXA Mini LF encaisse bien les grands écarts de luminosité, comme c'était déjà le cas avec les ALEXA classiques. Cela m'a permis de garder des détails dans les hautes lumières quand je tournais au large, à l'intérieur de la cabine du voilier. 

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Iris Bry, Victor Belmondo, Jérémie Renier et Marie-Julie Maille dans « Albatros »

Vous tourniez en ARRIRAW ou en ProRes ?  

En ARRIRAW. Mais comme la caméra était toute nouvelle, je disposais d'un nombre limité de cartes. C'est pourquoi j'ai décidé de n'enregistrer que la partie scope du capteur. Ce qui nous a permis de quasiment doubler la capacité d'enregistrement des cartes. J'ai fait 90% du film de cette façon et tout s'est très bien passé. Il n'y a qu'une partie des scènes tournées sur le voilier que j'ai enregistrée en full frame. La mer était assez houleuse, voire mauvaise, et je voulais pouvoir corriger le cadre en utilisant la réserve en post-production. Mes assistants faisaient les sauvegardes en HDE (Codex), un format de compression sans perte d'information, pour que les back up pèsent moins lourds et soient plus rapides. M141 décompressait les rushes et retrouvait l'ARRIRAW d'origine. C'était la première fois que j'utilisais ce workflow et cela a très bien fonctionné.  

Est-ce que vous avez poussé la sensibilité de l’ALEXA Mini LF ?  

Pour certaines séquences de rondes de nuit, je suis monté jusqu'à 1600- 2000 ASA. Je l'ai fait aussi pour une grande séquence nocturne dans une ferme, où je jouais le mélange entre un clair de lune artificiel et de rares points de lumière tungstène. Sur ce film, j'ai eu toutes les ambiances de lumière possibles en intérieur comme en extérieur, avec des ciels d'hiver très perturbés. On a aussi beaucoup tourné en voiture et en bateau, de jour comme de nuit. Et là, j'ai retrouvé toute la flexibilité et la simplicité de l'ALEXA Mini. J'étais en terrain connu. En fait, la Mini LF, c'est l'ALEXA Mini en mieux, avec une finesse accrue dans l'image et un viseur exceptionnel.  

Crédits photo © : Pathé, Guy Ferrandis & Séverine Brigeot

Équipe image « Albatros » de Xavier Beauvois :  

DOP : Julien Hirsch  

Premier assistant : Raphaël André  

Seconde assistante : Marie Deshayes